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3 stratégies pour réguler ses propres émotions et celles des enfants

  • 20 avr.
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 jours


Dans les métiers de la petite enfance, les émotions sont omniprésentes. Colères, pleurs, frustrations, excitations… les enfants vivent des émotions fortes quotidiennement, souvent intenses et imprévisibles.


Face à cela, les professionnels de l’enfance sont souvent attendus comme des repères solides, capables d’accompagner, d’apaiser, de comprendre… même dans les moments les plus agités.

Mais une réalité essentielle est souvent sous-estimée : accompagner les émotions des enfants commence par savoir accompagner les siennes.


Car lorsqu’un adulte est lui-même submergé (stressé, fatigué, agacé...) il devient beaucoup plus difficile d’adopter une posture ajustée.


Alors comment faire, concrètement, dans le feu de l’action ? Comment rester soutenant sans s’épuiser ? Comment apaiser avec régularité sans voir sa patience diminuer ?


Dans cet article, nous vous partageons 3 stratégies clés, directement applicables sur le terrain, pour réguler vos émotions… et celles des enfants.


1) Commencer par soi : revenir au calme avant d’agir

2) Accueillir l’émotion sans vouloir la faire disparaître

3) Accompagner avec un cadre rassurant et constant


1. Commencer par soi : revenir au calme avant d’agir


C’est contre-intuitif, et pourtant c’est fondamental : la première personne à apaiser dans une situation tendue… c’est l’adulte.


Pourquoi c’est si difficile ?


Lorsqu’un enfant crie, tape, pleure ou refuse de coopérer, cela peut activer chez nous une réaction automatique :


  • tension dans le corps

  • accélération du rythme cardiaque

  • pensées du type “ça suffit”, “il exagère”, “je n’en peux plus”


C’est une réponse normale du cerveau face au stress.

Dans cet état, nous ne sommes plus réellement disponibles pour accompagner l’enfant.


Un adulte tendu amplifie la situation, un adulte apaisé devient un point d’ancrage.


Comment se réguler concrètement ?


Pas besoin de techniques longues. Quelques ajustements suffisent :

  • respirer lentement

  • relâcher les épaules

  • ralentir ses gestes

  • baisser le ton de sa voix


Vous l’avez vécu : le moment du rangement


En collectivité, le moment du rangement peut devenir source de tensions. Un enfant refuse, jette les jouets ou s’énerve.


Le réflexe peut être de répéter, de presser, voire de hausser le ton.

Mais si l’adulte prend une seconde pour se réguler intérieurement, tout change :


“Ok, il résiste… je respire”

Puis :


  • “Tu n’as pas envie de ranger…”

  • “Tu étais en train de jouer, c’est difficile de s’arrêter”

  • “C’est le moment de ranger maintenant, je vais t’aider”

  • “On commence par quoi ?”


En se régulant d’abord, l’adulte sort du rapport de force et ouvre la porte à la coopération.



2. Accueillir l’émotion sans vouloir la faire disparaître


Face à un enfant en pleurs ou en colère, le réflexe est souvent de faire cesser l’émotion rapidement.

Pourtant, une émotion n’est pas un problème. C’est un signal.

Elle indique qu’un besoin est touché : fatigue, besoin de lien…


La régulation émotionnelle par la reconnaissance de l’émotion :


Lorsqu’un adulte met des mots sur ce que vit l’enfant :

  • il se sent compris

  • la tension diminue

  • l’apaisement devient possible


Son émotion est nommée et validée. Son vécu est reconnu.


Concrètement, que dire ?


  • “Tu te sens frustré parce que tu ne peux pas jouer avec ce jouet…”

  • “C’est difficile pour toi maintenant…”

  • “Tu es déçu…”


L’objectif n’est pas d’expliquer, mais de rejoindre l’enfant là où il est.


Vous l’avez vécu : la séparation difficile avec le parent


Un enfant s’effondre en pleurs, par exemple au moment de la séparation.

Le réflexe pourrait être de distraire ou de minimiser.

Mais ce dont l’enfant a besoin, c’est d’une présence qui accueille :


  • “C’est difficile…”

  • “Tu es triste que papa/maman soit parti(e)”

  • “Je suis là avec toi”


Parfois, il n’y a rien à “faire”. Juste être là.


L’émotion ne disparaît pas parce qu’on la coupe, mais parce qu’elle est traversée.



3. Accompagner avec un cadre rassurant et constant


Accueillir les émotions est essentiel. Mais les enfants ont aussi besoin d’un cadre clair et sécurisant.

Empathie et cadre vont ensemble.


Pourquoi le cadre est-il indispensable ?


Un enfant débordé émotionnellement peut s’opposer et refuser la règle.

Ce n’est pas pour provoquer. C’est parce qu’il manque de repères.

Un cadre flou insécurise, alors qu'un cadre clair rassure.


Comment poser un cadre de manière sécurisante ?


Le principe est de combiner :

  • reconnaissance de l’émotion

  • règle claire

  • maintien du lien


Exemple : “Je vois que tu es en colère. Je ne peux pas te laisser taper. Je suis là pour t’aider.”


Vous l’avez vécu : il refuse de mettre son manteau


Moment de sortie, pression du groupe, transition difficile, un enfant refuse de s’habiller.

Au lieu de forcer :


  • “Tu n’as pas envie de mettre ton manteau”

  • “Tu préfères le mettre seul ou avec mon aide ?”

  • “On doit sortir, donc le manteau est nécessaire”


Donner un choix permet de réduire l’opposition.



Et quand c’est difficile pour l’adulte ?


Il y a aussi une réalité essentielle : les professionnels sont humains.

En fin de journée, avec la fatigue, il est normal que la patience diminue.

Dans ces moments-là :


  • reconnaître son état (“je suis fatiguée”)

  • ajuster ses attentes

  • simplifier

  • prendre des micro-pauses


Prendre soin de soi n’est pas un luxe. C’est une condition pour pouvoir accompagner.


Ce qui se passe réellement chez l’enfant


Le cerveau de l’enfant est encore en construction.

Les zones responsables de la régulation émotionnelle ne sont pas matures.

L’enfant ne fait pas exprès. Il n’a pas encore les capacités de faire autrement seul.

C’est grâce à la répétition de ces expériences (être accueilli, contenu, accompagné) qu’il va progressivement apprendre à se réguler.


Vous l’avez vécu : un enfant “n’écoute pas”


L’enfant n’accepte pas une consigne.

Un professionnel répète plusieurs fois. Le ton monte.

Une approche plus efficace :


  • se rapprocher

  • appeler l’enfant par son prénom

  • se mettre à sa hauteur

  • capter son regard

  • dire simplement : “C’est l’heure de venir à table”

  • accompagner si besoin


Moins de répétitions, plus de connexion.


Une posture, pas une méthode parfaite


Il n’existe pas de réponse parfaite.


Il y aura des moments où :

  • vous serez fatigué.e

  • vous réagirez plus vite

  • vous n’aurez pas la disponibilité souhaitée


Et c’est normal.

Ce qui compte, c’est de revenir, d’ajuster, de réparer.


Conclusion


Accompagner les émotions des enfants, ce n’est pas appliquer une technique.

C’est une posture qui repose sur trois piliers :


  • se réguler soi-même

  • accueillir les émotions

  • accompagner avec un cadre sécurisant


C’est dans cet équilibre que l’enfant peut se sentir en sécurité, compris… et apprendre, peu à peu, à s’apaiser.


Chez Ratatam, nous formons les professionnels de l’enfance qui veulent développer ces compétences essentielles, pour un quotidien plus serein, plus fluide… et plus humain.


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